vendredi 8 septembre 2017

BOKO HARAM : DES ATTAQUES MEURTRIERES DE PLUS EN PLUS NOMBREUSES



Au Nigeria et au Cameroun, la multiplication des attentats-suicides avec l’utilisation de femmes et de jeunes filles contraintes de se faire exploser dans des endroits très fréquentés a fait au moins 381 morts depuis le mois d’avril.

Boko Haram commet une nouvelle fois des crimes de guerre à grande échelle, ce qu’illustre l'horreur qui consiste à forcer des jeunes filles à porter des charges explosives dans le seul et unique but de faire le plus grand nombre de victimes possible.

NORD-EST DU NIGERIA : MASSACRES ET ENLÈVEMENTS

Les attaques menées par Boko Haram au Nigeria ont tué au moins 223 civils en 5 mois. Le chiffre réel est sans doute plus élevé, car toutes les attaques n'ont pas forcément été signalées. Du mois de mai au mois d'août, le nombre de victimes civiles est sept fois plus élevé qu'au cours des quatre mois précédents. Pour le seul mois d’août, on recense 100 morts parmi les civils.

L'attaque la plus meurtrière s'est déroulée le 25 juillet, lorsque le groupe armé a abattu 40 personnes et en a enlevé trois autres au cours d'une embuscade contre une équipe d'exploration pétrolière dans la région de Magumeri, dans l'État de Borno.

Les kamikazes de Boko Haram ont tué au moins 81 personnes au Nigeria depuis le mois d'avril, tandis que le groupe armé a enlevé 67 personnes – pour la plupart des femmes et des jeunes filles – depuis début 2017.

À notre connaissance, deux raids contre des villages ont eu lieu en août, au cours desquels les combattants de Boko Haram ont arrêté et abattu des civils, incendié des habitations et pillé les maisons, les boutiques et les marchés.












RÉGION DE L’EXTRÊME-ORIENT AU CAMEROUN : DES ATTENTATS-SUICIDES PERPÉTRÉS CHAQUE SEMAINE

Au Cameroun, Boko Haram a tué au moins 158 civils depuis avril – quatre fois plus qu'au cours des cinq mois précédents. Cette hausse du nombre de victimes est due à la multiplication des attentats-suicides, 30 ayant été perpétrés depuis début avril – soit plus d'un par semaine.

L'attaque la plus meurtrière s'est déroulée à Waza le 12 juillet : 16 civils ont été tués et au moins 34 blessés dans un attentat-suicide, lorsqu'une jeune fille a actionné sa charge explosive dans une salle de jeux vidéo très fréquentée.

La ville de Kolofata, dans le département du Mayo-Sava, est particulièrement visée et neuf attentats y ont été perpétrés depuis avril. Mora, deuxième agglomération de la région de l'Extrême-Nord, a été frappée à trois reprises.

Le déplacement des combattants de Boko Haram, de la forêt de Sambisa au Nigeria, jusqu'aux monts Mandara au Cameroun, à la suite d'opérations conduites par l'armée nigériane, peut expliquer en partie le regain des attaques au Cameroun.


DES CIVILS QUI ONT BESOIN D'UNE AIDE HUMANITAIRE

Dans la région du lac Tchad, des millions de civils ont besoin d'une aide humanitaire de toute urgence, en raison des violences perpétrées par Boko Haram. 


Au total, on recense 2,3 millions de personnes déplacées dans la région : 1,6 million de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et réfugiées au Nigeria, 303 000 au Cameroun, et 374 000 au Tchad et au Niger.

Plus de sept millions de personnes dans la région souffrent d’une grave pénurie alimentaire, dont cinq millions au Nigeria et 1,5 million au Cameroun. On recense 515 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, dont plus de 85 % au Nigeria.

La très forte insécurité rend les opérations d'aide humanitaire difficiles, voire impossibles, dans certaines régions inaccessibles du nord-est du Nigeria.

Cette vague de violence imputable à Boko Haram met en lumière le besoin criant de protection et d'aide des millions de civils qui peuplent la région du lac Tchad. Les gouvernements du Nigeria, du Cameroun et d'autres États doivent prendre rapidement des mesures afin de les protéger contre cette campagne de terreur.

La communauté internationale doit, elle aussi, intensifier rapidement son engagement et fournir une aide humanitaire vitale aux millions d'habitants de la région qui en ont besoin.



Depuis 2009, Boko Haram mène des actions violentes contre les civils dans le nord-est du Nigeria, en se livrant presque quotidiennement à des homicides, des attentats à la bombe, des enlèvements et des pillages. Des villes et des villages sont ainsi mis à sac. Des écoles, des églises, des mosquées et d’autres bâtiments publics sont attaqués et détruits. Le groupe armé impose des traitements cruels aux civils piégés dans les zones passées sous son contrôle et a désorganisé les services publics, notamment la santé et l’éducation.

L’insurrection sanglante de Boko Haram dans tout le nord-est du Nigeria et les interventions des forces de sécurité visant à y mettre fin ont entraîné le déplacement de plus de deux millions de personnes, dont beaucoup ne sont pas loin de mourir de faim.



Les recherches d’Amnesty International démontrent que Boko Haram commet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en toute impunité.

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