samedi 11 mars 2017

HUILE DE PALME EN INDONESIE : INTERPELLEZ LES GRANDES ENTREPRISES !





Les plus grandes marques agroalimentaires et ménagères du monde vendent des aliments, des cosmétiques et d’autres biens de consommation courante contenant de l’huile de palme dont la production est entachée de scandaleuses atteintes aux droits humains en Indonésie.

Diverses violations des droits du travail ont lieu dans des plantations dirigées par Wilmar, un géant de l'huile de palme basé à Singapour, et par ses fournisseurs en Indonésie. Ces violations incluent :


  • Des femmes forcées à travailler pendant de longues heures sous peine de voir leur salaire réduit, payées en dessous du salaire minimum et maintenues dans une situation d’emploi précaire, sans retraite ni assurance maladie,
  • Des enfants, âgés de huit ans pour les plus jeunes, faisant un travail dangereux et difficile physiquement, qui abandonnent parfois l’école pour aider leurs parents dans les plantations,
  • Des ouvriers souffrant de graves lésions liées à un pesticide hautement toxique encore utilisé dans les plantations malgré son interdiction dans l’Union européenne et même par Wilmar,
  • Des ouvriers contraints à travailler en extérieur sans tenue de protection adaptée malgré les risques de dégâts respiratoires liés à des niveaux dangereux de pollution provoqués par des feux de forêt entre août et octobre 2015,
  • Des ouvriers devant travailler de longues heures pour atteindre des objectifs ridiculement élevés, dont certains impliquent des tâches très difficiles physiquement. Ils risquent en outre diverses sanctions pour des « fautes » telles que ne pas avoir ramassé les fruits tombés par terre et avoir cueilli des fruits pas mûrs.


Profitant du manque de détermination du gouvernement indonésien, le géant agroalimentaire tente d'intimider ses employés pour qu’ils démentent les accusations.

Bien que les autorités aient annoncé la création d’une force spéciale chargée d'enquêter sur les atteintes aux droits humains exposées dans le rapport d’Amnesty International de novembre 2016 intitulé "Le scandale de l'huile de palme. De grandes marques tirent profit de l’exploitation des ouvriers", on ne constate aucune avancée.

DES EMPLOYÉS INTIMIDES ET MENACES

Lors d'une réunion avec des syndicalistes en janvier, Wilmar a demandé aux ouvriers de signer un document attestant que les atteintes dénoncées dans notre rapport n’avaient pas lieu dans ses plantations en Indonésie.

Les ouvriers des plantations vivent dans la peur des représailles s'ils dénoncent leurs conditions de travail, craignant par exemple d'être éloignés de leurs familles en étant mutés sur un autre site, ou de perdre leur emploi.

Les déclarations signées que Wilmar obtient de ses employés sous la contrainte, notamment la menace de licenciement, n'ont aucune valeur juridique.

Wilmar a recouru à ces méthodes après qu'il a été relaté dans les médias que le gouvernement indonésien allait mener une enquête approfondie sur les problèmes mis en avant par Amnesty International dans son rapport.


Qu’est-ce que l’huile de palme ? Quel est le rapport avec les droits humains ? Que peut-on faire contre ces abus ? Interview de Sabine Gagnier, chargée de plaidoyer pour le programme « Responsabilité des états et des entreprises », Amnesty International France



LE DOUBLE LANGAGE DE WILMAR

Nous saluons la volonté du gouvernement indonésien de mettre en œuvre la responsabilisation des entreprises vis-à-vis des droits humains. Cependant, trois mois après la publication du rapport, toujours aucune action en vue.

À la lumière des manœuvres de Wilmar visant à discréditer notre rapport et de son incapacité à remédier aux préoccupations qu'il soulève, les autorités indonésiennes doivent aujourd'hui tenir leur promesse et mettre sur pied une force spéciale chargée d’enquêter sur les conditions de travail dans les plantations de Wilmar.


Le bureau de Wilmar à Singapour a déclaré que les questions soulevées par Amnesty International sont activement débattues par la direction des activités des plantations de Wilmar, et que leur enquête se poursuit.

L'entreprise a déclaré qu'elle mènera ce processus jusqu’au bout afin de répondre à toutes les questions mises en avant, et qu'elle publiera l'intégralité de ses conclusions. Elle a ajouté que les syndicalistes mentionnés avaient signé de leur plein gré. Toutefois, la réponse publique de Wilmar ne semble pas en phase avec ses manœuvres en coulisses.

Selon nous, Wilmar n'a toujours pas tenté de résoudre les problèmes majeurs que sont notamment les objectifs élevés et le paiement à la pièce, qui contribuent au travail des enfants, l'exploitation des ouvrières et le non-paiement du salaire minimum.

INTERPELLER LES GRANDES MARQUES

Interpellez Colgate-Palmolive, Kellogg's, Nestlé, Reckitt Benckinser, Procter & Gamble et Unilever pour qu'ils exigent de Wilmar, le géant de l'huile de palme, qu'il mette fin aux abus à l'encontre de ses travailleurs !


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