samedi 4 mars 2017

8 MARS - JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES – JUSTICE POUR LA MEXICAINE VERONICA RAZO




Cela fait maintenant six ans que Verónica RAZO, une femme mexicaine victime d’actes de torture et de mauvais traitements de la part des forces de police, est en prison alors qu’elle n’a été reconnue coupable d’aucun délit.

Le 8 juin 2011, Verónica RAZO, 37 ans, mère de trois enfants, est enlevée par des hommes vêtus en civil et armés, puis emmenée dans un entrepôt de la police fédérale du Mexique. Commencent alors pour elle 24 heures cauchemardesques, au cours desquelles elle est battue, torturée et violée à plusieurs reprises par des policiers fédéraux. 

Menacée, elle finit, sous la contrainte, par signer des « aveux » dans lesquels elle se déclare coupable d'appartenir à une bande de kidnappeurs. Les actes qu’elle a subis étaient si graves qu’elle a failli mourir : après son interrogatoire, elle s’est effondrée et a été transportée d’urgence à l’hôpital, où elle a été soignée pour de graves palpitations cardiaques. 

Quelques années après, des psychologues du parquet fédéral général ont confirmé que Verónica RAZO présentait bien des symptômes compatibles avec des allégations de torture. 

Torturée physiquement, psychologiquement et sexuellement, la jeune femme est aujourd’hui toujours en prison à attendre l’issue de son procès, tandis que ses bourreaux sont libres.

Une victime parmi des dizaines d'autres femmes

L’histoire de Verónica devrait être une exception, mais ce n’est malheureusement pas le cas.


Un rapport publié en 2016 par Amnesty International livre les témoignages bouleversants de 100 femmes arrêtées par la police ou l’armée mexicaines. Sur ces 100 femmes, 97 ont dit avoir subi des violences physiques, 72 ont affirmé avoir été victimes d’agressions sexuelles et 33 ont dit avoir été violées. Comme dans le cas de Verónica, les autorités ont torturé beaucoup d’entre elles pour les forcer à « avouer » qu’elles appartenaient à un cartel de la drogue ou un réseau de kidnapping.

Lorsque des femmes sont soumises à la torture ou à d’autres mauvais traitements, elles risquent tout particulièrement de connaître des formes de violence qui les visent en raison de leur genre.

Une femme issue d’un milieu défavorisé est par ailleurs une cible facile. La police et l’armée semblent tirer parti du fait que lorsque des femmes vivent dans la pauvreté, elles n’ont pas les moyens de remettre en question les agissements des autorités

Ces « aveux » gonflent les chiffres du ministère public et créent l’illusion que les autorités font quelque chose pour s’attaquer à la crise à laquelle le Mexique est en proie sur le terrain de la sécurité.

Début 2016, la divulgation d’une vidéo à la presse mexicaine a provoqué un scandale public. Elle montrait des policiers et des soldats en train d’asphyxier une femme avec un sac en plastique et de l’interroger tandis qu’elle hurlait de douleur.


Fait sans précédent, le chef de l’armée s’est exprimé sur les ondes afin de condamner publiquement ces agissements et de présenter des excuses. Le chef de la police fédérale lui a emboîté le pas. Cette vidéo a mis en évidence une réalité très crue : le fait que la torture continue à constituer une stratégie-clé dans la lutte menée par Mexique contre les cartels de la drogue et le crime organisé.

Sur le papier, il est possible que le Mexique ait tout du bon élève du système international des droits humains. Il a ratifié quasiment tous les traités importants en la matière. Pourtant, l’impunité pour les violations des droits humains y est presque absolue ; malgré les milliers de plaintes pour torture et autres formes de mauvais traitements déposées chaque année, les auteurs ne sont pas inquiétés.

La meilleure manière de combattre les violations est de garantir que ceux qui les commettent subissent des conséquences. Le gouvernement est déjà doté des outils dont il a besoin pour cela. Le 9 septembre 2015, il a établi au sein de ministère de l’Intérieur une petite équipe spéciale chargée de la question de la torture sexuelle des femmes. Le but de cette équipe était de coordonner l’action de différentes institutions gouvernementales autour de la question, afin de permettre de réelles avancées dans les enquêtes relatives à ces cas. Elle reste cependant largement en sommeil depuis sa création.

Signez la pétition au Procureur général de la République du Mexique : 

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