vendredi 4 novembre 2016

RUSSIE : LE BUREAU MOSCOVITE D’AMNESTY INTERNATIONAL PLACE SOUS SCELLES



En arrivant sur leur lieu de travail, le 2 novembre au matin, les membres du personnel du bureau d’Amnesty International de Moscou ont découvert avec surprise que leur local avait été placé sous scellés. Les autorités municipales ont laissé un avis en interdisant l’entrée.
 


Le court document affiché sur l’entrée du local indiquait que le bâtiment est la « propriété d’une ville de la Fédération de Russie » et que personne n’est autorisé à entrer sans être accompagné d’un agent municipal. Les verrous et le système d’alarme ont été enlevés et le courant semble avoir été coupé. Amnesty International loue ses bureaux, situés dans le centre de Moscou directement auprès de la municipalité.

Les employés ont tenté de téléphoner aux autorités municipales en utilisant le numéro indiqué pour essayer de remédier à la situation, mais personne n’a répondu. Ils cherchent actuellement à obtenir une entrevue avec des représentants de la municipalité.

« Si les autorités persistent à refuser de résoudre ce problème, cela va ressembler de plus en plus à une obstruction délibérée à l'encontre de notre travail de défense des droits humains en Russie. Il est de plus en plus difficile de ne pas envisager cet incident dans le contexte d'une large répression de la société civile dans le pays ».

John DALHUISEN, Directeur Europe et Asie Centrale d'Amnesty International.

UN CLIMAT DÉLÉTÈRE

Amnesty International ignore ce qui a poussé les autorités à empêcher son personnel à accéder à ses locaux. Il s’agit là d’une très mauvaise surprise, aucun avertissement préalable n’ayant été adressé. Des informations communiquées par les autorités municipales laissent entendre qu’Amnesty n'aurait pas payé le loyer.
Or des documents attestent que le loyer a été dûment réglé, jusqu'au mois d'octobre inclus. Étant donné le climat dans lequel opère actuellement la société civile en Russie, il existe de nombreuses explications plausibles à cette situation.

Amnesty International tente de comprendre ce qu'il s'est passé et de résoudre ce problème avec les autorités concernées, afin de poursuivre sa légitime activité.

POUR MÉMOIRE : LA SITUATION DES DROITS HUMAINS EN RUSSIE EN 2015/2016
 


De sévères restrictions continuaient de peser sur la liberté d'expression et de réunion pacifique. La presse écrite, la radio et la télévision étaient dominées par les autorités, qui ont encore étendu leur contrôle sur Internet. Les ONG ont fait l'objet de nouveaux actes de harcèlement et de représailles au titre de la loi sur les « agents de l'étranger », tandis que leur financement par des fonds venant d'autres pays a été davantage restreint par une nouvelle loi interdisant les organisations « indésirables ». Les arrestations et les poursuites se sont multipliées à l'encontre de ceux et celles qui critiquaient la politique du gouvernement et qui exposaient publiquement ou détenaient simplement des documents ou des textes considérés comme « extrémistes » ou, plus généralement, prohibés par une législation sur la sécurité nationale formulée en termes vagues. Une personne a été condamnée et trois autres faisaient encore, à la fin de l'année, l'objet d'une enquête ou de poursuites au titre d'une loi de 2014 qui qualifiait d'infraction pénale le fait d'enfreindre de manière répétée la loi sur les rassemblements publics. Plusieurs procès ayant défrayé la chronique ont de nouveau mis en évidence les graves carences du système judiciaire. Une nouvelle loi habilitait désormais la Cour constitutionnelle à infirmer les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme. Les réfugiés étaient confrontés à de très nombreux obstacles lorsqu'ils tentaient d'obtenir une protection internationale. De graves violations des droits humains continuaient d'être commises dans le Caucase du Nord et les personnes qui, dans cette région, tentaient de les dénoncer s'exposaient à des actes de harcèlement.

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