vendredi 11 novembre 2016

ÉLECTION DE DONALD TRUMP, 45EME PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS


LA RHÉTORIQUE TOXIQUE NE DOIT PAS DEVENIR UNE POLITIQUE GOUVERNEMENTALE

 

Dans la période qui a précédé cette élection, les États-Unis ont été témoins de la rhétorique dérangeante et parfois même toxique du président élu, Donald Trump.

Ce discours ne peut ni ne doit devenir une politique gouvernementale. Les remarques xénophobes, sexistes et autres propos haineux de M. Trump n'ont pas leur place au gouvernement.

Lors de sa campagne électorale, Donald Trump a maintes fois provoqué une vague de profonde consternation, et soulevé de vives préoccupations quant à la fermeté de l'engagement des États-Unis à défendre les droits humains dans les années à venir. Il doit laisser tout cela derrière pour réaffirmer et respecter les obligations des États-Unis en matière de droits humains, tant au niveau national qu'international.

Le nouveau président des États-Unis doit s'engager à faire respecter les droits humains de tous sans discrimination. Des camps d'internement à l'utilisation de la torture, nous avons vu les conséquences désastreuses qui adviennent lorsque ceux que nous avons élus pour nous représenter font fi des obligations des États-Unis à faire respecter les droits humains.

TRUMP, LA COTE D’ALERTE


L’élection du nouveau président américain dont les intentions menacent les droits humains, doit inciter à la mobilisation

Donald Trump est donc devenu à 70 ans, ce 8 novembre 2016, le 45ème président des États-Unis et l’homme le plus puissant du monde. Il est bien trop tôt pour analyser en profondeur les conséquences du « triomphe du candidat anti-système », comme titre le New York Times. Mais il est tout de même déjà temps de s’inquiéter des conséquences de ses outrances, notamment à propos des droits humains. Il ne faut pas hausser les épaules et y voir des bourdes ou des gaffes, mais bien l’expression d’une tendance mondiale de dénonciation des défenseurs des droits humains. On s’en aperçoit avec de nombreux chefs d’État, à commencer par Vladimir Poutine. 

Pour le secrétaire général d’Amnesty International, Salil Shetty, le président élu a suscité tout au long de la campagne de « sérieuses inquiétudes » sur l’engagement de son pays en faveur des droits humains. Disons-le dès aujourd’hui tout net à M. Trump, nous ne relâcherons pas  nos efforts contre l’arbitraire et l’injustice, la démagogie et la forfaiture. Nous refusons les politiques haineuses, xénophobes et sexistes.

Et sur ce plan, Amnesty International risque d’avoir du pain sur la planche. Après ses propos nauséabonds  sur les migrants, qualifiés de « criminels » et de « violeurs », sur les musulmans « qui représentent un problème », son projet de construction d’un mur de séparation avec le Mexique sur la frontière sud du pays est une grave menace pour la paix dans la région. Sur le contrôle des armes, sujet qui divise la société américaine, au regard des innombrables tueries de masse dans des établissements scolaires, des  centres commerciaux, des cinémas, Trump est un fervent défenseur du second amendement, qui autorise le port d’armes. Il réclame même la suppression de plusieurs « zones libres » d’armes, essentiellement des lieux publics, des universités, etc. Trump s’oppose également à la fermeture de Guantanamo, et se prononce même en faveur de la pratique du waterboarding, torture qui consiste à plonger la tête d’un suspect sous l’eau afin de provoquer l’asphyxie. De quoi inquiéter Margaret Huang, directrice d’Amnesty États-Unis.  Mercredi matin, elle estimait que  la « rhétorique toxique du président élu et de quelques autres ne peut tenir lieu de politique gouvernementale ».

Amnesty attend donc le président élu de pied ferme. Et entend poursuivre le combat, en faveur de l’abolition de la peine de mort, dont Trump est un farouche partisan. Sur ce plan, une partie de l’opinion semble lui donner raison. En Californie deux référendums étaient soumis ce même 8 novembre aux électeurs. L’un visant à abolir la peine de mort a été perdu, l’autre visant à accélérer les exécutions a été adopté. En Oklahoma, c’est un référendum en faveur de l’inscription de la peine de mort dans la Constitution de l’État qui a été adopté. Et enfin au Nebraska, la décision d’abroger la peine de mort, prise l’année dernière par la Chambre locale, a été rejetée. 

Citoyens et militants doivent donc se retrousser les manches, là-bas, ici, et ailleurs.

Jean Stern, rédacteur en chef du mensuel 

Article publié dans "Le blog d’Amnesty International":


Retrouvez le dossier de La Chronique consacré au bilan de Barack Obama : https://www.amnesty.fr/dossiers/obama-a-lheure-du-bilan

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