vendredi 1 juillet 2016

LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DOIT CESSER SA COMPLAISANCE ENVERS L’ARABIE SAOUDITE



L’Arabie saoudite ne viole pas seulement massivement et systématiquement les droits humains : le pays instrumentalise sa participation au Conseil des droits de l’homme pour empêcher toute critique internationale de ses actions. 

Amnesty International et Human Rights Watch demandent la suspension de ce pays de l’instance des Nations unies.

Depuis qu’elle siège au Conseil des droits de l’homme, l’Arabie saoudite a régulièrement fait l’actualité pour ses pratiques peu respectueuses des droits humains : 

  • en  réprimant toute opposition ou parole démocratique avec une nouvelle loi antiterroriste votée en février 2014 ;
  • en pratiquant massivement la peine de mort avec 350 personnes exécutées depuis son élection au conseil 
  • en dirigeant une coalition au Yémen coupable de crimes de guerre.

L’INSTRUMENTATION DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME PAR L’ARABIE SAOUDITE

De nombreux pays siégeant au Conseil des droits de l’homme, peu soucieux du respect des droits humains dans leur pays, sont aussi régulièrement épinglés par les rapports d’Amnesty International.
Toutefois, l’Arabie saoudite utilise sa position comme membre du Conseil pour empêcher d’être tenue responsable pour les crimes qu’elle commet.
Ainsi, elle a fait échouer une résolution du Conseil instaurant une enquête internationale sur les crimes de guerre commis au Yémen.

Demandez à François Hollande de suspendre transferts d’armes à l’Arabie saoudite qui mettent en danger la vie des civils au Yémen SIGNEZ

Ces dernières semaines, elle a menacé de se retirer de l’ONU avec ses proches alliés et de ne plus apporter de soutien financier à plusieurs programmes onusiens, notamment à des projets humanitaires. L’objectif de ces manœuvres : faire pression sur l’ONU pour que la coalition militaire intervenant au Yémen soit retirée d’une liste d'Etats et de groupes armés qui violent les droits des enfants lors des conflits armés.  

L’Arabie saoudite refuse aussi systématiquement toute visite des rapporteurs spéciaux des Nations unies, depuis de nombreuses années. Pire, les autorités du pays prennent des mesures de rétorsion contre les militants des droits humains qui tentent d’alerter l’ONU ou les organisations internationales de défense des droits humains sur la situation dans le pays.

Ainsi, Samar Badawi, militante des droits des femmes, s’est vue interdite de sortie de territoire saoudien après s’être exprimée devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur l’emprisonnement de l’avocat Waleed Abu-al-Khair.

Ainsi, plusieurs défenseurs des droits humains ont été condamnés à de lourdes peines, notamment pour avoir transmis des informations à notre organisation et d’autres organisations internationales.

LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT CESSER SA COMPLAISANCE ENVERS L’ARABIE SAOUDITE

Au vu de ces graves violations et de la manipulation du Conseil des droits de l’homme par l’Arabie saoudite, nous demandons à l’Assemblée générale des Nations unies de suspendre l’Arabie saoudite du Conseil des droits de l’homme. Selon la résolution 60/251, l’Assemblée générale peut suspendre, à une majorité des deux tiers, un État membre qui violerait les droits humains de manière grave et systématique. Nous demandons aussi la mise en place d’une commission d’enquête internationale, impartiale et indépendante sur les violations du droit international humanitaire au Yémen.

En attendant, les États alliés de l’Arabie saoudite, doivent immédiatement cesser tout transfert d’armes aux parties en présence dans ce conflit. 

La présence et l’attitude de l’Arabie saoudite au sein du Conseil des droits de l’homme menacent de discréditer  cette instance internationale. Il est grand temps pour la communauté internationale d’ouvrir les yeux sur les violations commises par l’Arabie saoudite, sous peine de s’en rendre complice.


QU’EST-CE QUE LE CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME ?




Principal organe des Nations unies œuvrant à la promotion et à la protection des droits fondamentaux, le Conseil des droits de l’homme, a été créé par l’Assemblée générale le 15 mars 2006 pour remplacer la Commission des droits de l’homme qui avait été établie 60 ans plus tôt et pour donner suite à ses travaux. Son siège est en Genève.

Le Conseil définit les grandes orientations en matière de politiques, examine les problèmes qui se posent dans le domaine des droits de l’homme, élabore de nouvelles normes internationales et en surveille l’application partout dans le monde. En tant que principal organe intergouvernemental d’élaboration de politiques relatives aux droits de l’homme, le Conseil est habilité à évaluer la situation des droits de l’homme n’importe où dans le monde et à étudier les éléments d’information présentés par les États, les ONG et d’autres sources.

Le Conseil offre aux États, aux organisations intergouvernementales et aux ONG une tribune pour exprimer leurs préoccupations au sujet des droits de l’homme. Le Conseil compte 47 membres élus au scrutin secret à la majorité des 192 membres de l’Assemblée générale. Ils sont élus pour un mandat de trois ans. Le Conseil est renouvelable par tiers tous les ans.

Les États élus au Conseil sont tenus d’observer les normes les plus strictes en matière de promotion et de protection des droits de l’homme et de coopérer pleinement avec le Conseil. Ils sont soumis à une procédure d’Examen périodique universel (EPU) au cours de leur mandat, ce qui permet de s’assurer qu’ils respectent eux-mêmes les normes qu’ils sont chargés de faire appliquer. L’Assemblée peut, à la majorité des deux tiers des membres présents et votants, suspendre le droit de siéger au Conseil d’un membre de celui-ci qui aurait commis des violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme.

Contrairement à la Commission, qui se réunissait chaque année pendant six semaines, le Conseil peut être convoqué à tout moment pour examiner toute crise ayant trait aux droits de l’homme. Il tient au minimum trois sessions par an et peut tenir à tout moment une session extraordinaire si un de ses membres en fait la demande appuyé en cela par le tiers des membres du Conseil.

Les États et les ONG présentent au Conseil leurs vues sur des situations qu’ils jugent préoccupantes, et les gouvernements concernés exercent leur droit de réponse. Le Conseil peut alors désigner des groupes d’enquête ou des experts, organiser des visites sur place, se mettre en rapport avec les gouvernements mis en cause, proposer son concours et condamner les violations.

S’il juge que la gravité de la situation le justifie, le Conseil peut ordonner une enquête, qui sera confiée soit à un groupe d’experts indépendants soit à un spécialiste (rapporteur ou représentant spécial). Se fondant sur les conclusions des experts, le Conseil s’adresse ensuite au gouvernement concerné pour l’inciter à apporter des changements.


« Toutes les victimes de violations des droits de l'homme devraient être en mesure de se tourner vers le Conseil des droits de l'homme comme un forum et un tremplin pour l'action »

Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies, 12 mars 2007, ouverture de la 4ème session du Conseil des droits de l'homme


Au cours de l'année 2015, l'Arabie Saoudite avait fait campagne auprès du groupe Asie du Conseil des droits de l'homme pour devenir son représentant. En septembre 2015, l'Arabie saoudite est parvenue à ses fins et a pu accéder à la direction du panel du Conseil des droits de l'homme, groupe de cinq diplomates dont le rôle est notamment de choisir les experts chargés d'observer et rapporter les atteintes aux droits de l'homme dans le monde. 
Cette décision a été vivement critiquée par différentes ONG qui dénoncent le traitement que ce pays réserve aux femmes, aux minorités et aux dissidents. Cette controverse a pris une plus grande proportion lorsque l'Arabie saoudite a annoncé quelques jours après sa nomination sa décision de décapiter puis de crucifier un opposant chiite.










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