dimanche 31 janvier 2016

CONFERENCE-DEBAT - LA SYRIE 5 ANS APRES LE SOULEVEMENT CONTRE LE REGIME - TOULOUSE - 18 FEVRIER 2016


Infos complémentaires, questions et inscription (dans la limite des places disponibles) :
http://www.linscription.com/conference-syrie-2130

RETOUR SUR 5 ANS DE CONFLIT


Plus de 220.000 morts selon les Nations unies. Plus de 12 millions de personnes ont dû quitter leur foyer. Disparitions forcées, torture, utilisation de bombes barils. Le droit international humanitaire et les droits humains, bafoués systématiquement. Voici un rappel des principaux crimes commis en Syrie.

Dès février 2011 des initiatives citoyennes demandant plus de libertés se développent. Le 15 mars 2011, un rassemblement à Damas marque le début de la révolution. Dans le même temps, des enfants sont arrêtés et torturés pour avoir écrit des slogans anti-régimes sur des murs dans la ville de Deraa. Lors des rassemblements pacifiques suivant ces événements l’armée tire sur la foule.  Par la suite, des mouvements de soutiens apparaissent dans d’autres villes de Syrie avec pour mots d’ordre la liberté et la chute du régime, en place depuis 1970. 

Le conflit se militarise peu à peu, avec notamment la fondation de l’Armée Syrienne Libre puis l’irruption de groupes islamistes. La répression menée par le régime de Bachar Al-Assad et les combats entre les groupes armés font des centaines de  milliers de victimes, surtout parmi les civils. En quatre ans, plus de 200 000 personnes sont mortes et plus de 1 millions ont été blessées.

Face à cette situation, et après plusieurs résolutions bloquées par la Russie et la Chine, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies adoptent finalement à l’unanimité la résolution 2139 le 22 février 2014, exigeant la fin des attaques menées sans discrimination et des attaques directes contre des civils de la part de tous les protagonistes, ainsi que la libération des détenus et l’autorisation d’acheminer une aide humanitaire.
Cependant, cette résolution n’est que très peu appliquée et  le nombre total de personnes nécessitant une aide d’urgence en Syrie a atteint les 12,2 millions en mai 2015, dont 5,6 millions d’enfants

Environ 7,6 millions de personnes sont déplacées à cause du conflit, soit le plus grand nombre au monde de personnes déplacées à l’intérieur d’un même pays. 

Plus de 4 millions de personnes ont fui la Syrie.

Amnesty International enquête sur la Syrie depuis 1979, concernant principalement l’usage massif de la torture et des disparitions forcées, et ne cesse de publier des actions urgentes. Depuis le début du conflit, le nombre de cas n’a cessé d’augmenter, de nombreuses enquêtes sur le terrain ont eu lieus, et plus d’une vingtaine de rapports dénonçant les violations et les crimes commis ont été rendus publics. 

La section française d’Amnesty International est fortement mobilisée face à cette crise à travers de nombreuses actions depuis 2011, notamment des
campagnes pour l’accueil des réfugiés syriens et lors du 30 août, Journée internationale des personnes disparues. Le soutien aux films comme «Eau Argentée» permet de d’échanger et de comprendre les violations des droits humains dont les civils sont victimes. 

DISPARITIONS FORCEES

Les disparitions forcées constituent une grave préoccupation depuis l'accession au pouvoir de la famille Assad. Le nombre des disparitions signalées a augmenté fortement depuis le début de la crise de 2011. Des centaines de militants politiques, défenseurs des droits humains, travailleurs humanitaires et journalistes pacifiques sont ainsi visés par des manœuvres visant à les contraindre au silence. 

Les disparus sont placés au secret dans des lieux de détention inconnus à travers la Syrie. Beaucoup sont incarcérés dans des conditions inhumaines et sont soumis à la torture ou à d'autres formes de mauvais traitements. Un nombre inconnu d'entre eux ont été tués alors qu'ils trouvaient en détention secrète.

Les groupes de l’opposition sont aussi responsables de disparitions forcées. Selon le Syrian Network for Human Rights (SNHR) ces groupes auraient retenus au moins 996 personnes pour la seule ville d’Alep depuis 2011, dont 44 femmes, 142 enfants et 810 hommes. Amnesty International a documenté plusieurs cas graves d’abus perpétrés par les groupes armés lors de détentions.

LES CIVILS PIÉGÉS

En Syrie, les forces gouvernementales ont délibérément attaqué des objectifs civils, y compris des objectifs indispensables à la survie de la population civile tels que des centrales électriques et les infrastructures d'approvisionnement en eau. Elles ont bloqué l'accès des populations assiégées à la nourriture, à l'eau et aux transferts d’ordre médical depuis l'extérieur. Ces mesures, considérées dans leur globalité, constituent un châtiment collectif à l'encontre de la population civile des zones assiégées, et dans certains cas, reviennent à affamer des civils en les privant d'éléments indispensables à leur survie : ces deux élément constituent des crimes de guerre.

Un homme regarde une bombe baril larguée par les forces syriennes sur le cimetière du quartier d'al-Qatanah, Alep © REUTERS

Le régime mène des attaques au baril d'explosifs – barils de pétrole, réservoirs d'essence et bombonnes de gaz remplis d'explosifs, de carburant et de fragments métalliques,- largués par hélicoptère – qui ont déjà tué plus de 3 000 civils dans le gouvernorat d'Alep l'année dernière, et plus de 11 000 dans tout le pays depuis 2012.

« Je me souviens encore de ces semaines horribles que j’ai passées à Dayr al Zor. J’y ai été témoin de l’état de la situation humanitaire quand les forces de sécurité et l’armée syrienne ont attaqué la ville. Elle a été systématiquement bombardée et totalement détruite. Je sens encore l’odeur de la mort et j’entends encore les cris des femmes et des enfants qui fuyaient les bombardements, la mort », 
témoigne un réfugié syrien au Pays-Bas.

Des armes chimiques auraient été utilisées notamment à la Ghouta, près de Damas, où des centaines de civils sont morts en septembre 2013. En mars 2015, des centaines de civils ont également péri lors deux attaques au chlore lancées semble-t-il par les forces gouvernementales dans la ville de Sermine (province d’Idlib). 

A plusieurs reprises en 2014 et en 2015, les groupes armés de l’opposition ont attaqué des quartiers résidentiels, des hôpitaux, des écoles, ainsi que des mosquées et des sites historiques dans la région d’Alep. Ils utilisent des armes artisanales imprécises, responsables de la mort  de civils. 

Ces attaques sans discernement constituent des crimes de guerres. 

Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, ces attaques auraient tué 672 personnes, dont 137 enfants, 80 femmes et 455 hommes. Le Front Al Nosra a commis des attentats-suicides à la voiture ou au camion piégé dans les zones contrôlées par le gouvernement, notamment à Homs, faisant des morts et des blessés parmi les civils.

RÉFUGIÉS


Depuis le début du conflit,  presque 12 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont dû partir de chez elles. Ces personnes fuient les violences, la torture, les bombardements et les détentions arbitraires. Parmi elles, 4 millions sont réfugiées, c'est-à-dire qu’elles ont quitté la Syrie car leurs vies étaient en danger. 

Amnesty International France a lancé une campagne pour l’accueil de réfugiés de Syrie en février 2015



TORTURE

Depuis des décennies Amnesty International dénonce la pratique courante de la torture et d'autres formes de mauvais traitements en Syrie.
La torture et les autres formes de mauvais traitements sont pratiqués à l’échelle étatique, par la totalité des diverses forces de sécurité, qu'il s'agisse du Service de renseignement de l’armée de l’air, du Service de renseignement militaire, de la Sécurité politique, des Renseignements généraux (généralement appelés Sécurité d'État), de la Sécurité criminelle ou des forces armées.

« Imaginez-vous les différentes méthodes de torture auxquelles les gens sont soumis. Il y en a plus de 20 : les passages à tabac, la suspension, les décharges électriques, le viol, la privation de nourriture et le refus de soin médicaux. A mon avis, plus de 50 000 détenus sont morts dans les antennes de la Sûreté ces quatre dernières années suite à des actes de torture et de mauvais traitements, et entre autres, aux conditions de détention inhumaines. »
Anwar Al Bunni, avocat syrien spécialisé sur le cas des prisonniers politiques. 

Selon les nombreux témoignages recueillis par Amnesty international, les personnes sont presque toujours battues et autrement torturées et maltraitées au cours de l'arrestation, souvent pendant le transport qui s'ensuit en direction des centres de détention, puis systématiquement à leur arrivée dans ces centres et tout au long de leur détention. Parmi les victimes se trouvent des enfants de moins de 18 ans. Les groupes armés ont également recours à la torture.

La torture et les autres mauvais traitements semblent avoir pour but de punir, intimider, extorquer des «aveux», et peut-être d'adresser un avertissement à d’autres, en indiquant ce à quoi ils peuvent s’attendre en cas d'arrestation. Dans presque tous les cas, les prisonniers sont détenus au secret, souvent pour de longues durées, sans pouvoir recevoir de visites de leurs familles ou de leurs avocats, dans des conditions qui trop souvent équivalent à des disparitions forcée.







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire