lundi 27 octobre 2014

25 NOVEMBRE : JOURNEE INTERNATIONALE POUR L'ELIMINATION DE LA VIOLENCE A L'EGARD DES FEMMES



Les violences contre les femmes, c’est tous les jours, partout.

Ne fermons pas les yeux. Les violences contre les femmes, c’est tous les jours. Dans l’appartement d’à côté. Au sein du couple d’en face. Et là où il n’y a pas de lois pour interdire et condamner le viol, les coups, le harcèlement sexuel, les mariages forcés …

Chaque année, oui chaque année, en France, plus de 200 000 femmes entre 18 et 59 ans sont victimes de violences physiques de la part de leur mari ou ex-mari, concubin, pacsé, petit-ami. Dont 83 000 de viols ou tentatives de viol. L’année dernière, en France, 129 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon.

Ces chiffres, terribles et inacceptables, ne sont pourtant qu’une estimation minimale. L’enquête officielle n’a interrogé que les personnes vivant en ménages dits « ordinaires ». Elle n’a donc pas enregistré les violences subies par les femmes vivant dans des foyers ou des centres d’hébergement, voire sans domicile fixe. Et puis, il y a aussi les violences qui ne laissent pas de traces sur la peau, seulement d’irréversibles bleus à l’âme : violences verbales, psychologiques et/ou économiques.

Il y a aussi cette autre violence dans la chair, traumatisante à vie : la mutilation sexuelle. Condamnée par des textes internationaux. Pourtant, plus de 125 millions de femmes ont subi une mutilation sexuelle en Afrique, au Yémen, en Irak. Selon l’Observatoire des violences faites aux femmes, environ 53 000 femmes excisées vivent en France.

Dans un pays de droits, on peut interpeller, protéger, demander que justice soit faite, que les coupables soient condamnés. « Le viol est un crime » nous dit la loi. Peine encourue : de 15 à 20 ans d’emprisonnement. « Les agressions sexuelles autres que le viol sont des délits » nous dit encore la loi. Peine encourue : de 5 à 10 ans d’emprisonnement. Quant aux mutilations sexuelles, l’arsenal juridique français prévoit jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Qu’en est-il ailleurs, pas si loin que chez nous, dans un monde si globalisé ? Faut-il le rappeler ? Des millions de femmes risquent leur vie en voulant tout simplement affirmer leurs droits.

Au Salvador, par exemple, l’avortement est totalement interdit, même si la grossesse résulte d’un viol, même si la vie de la femme est en danger. Les femmes et jeunes filles déclarées « coupables » risquent des peines d’emprisonnement allant jusqu’à huit ans. Pire encore, si l’on peut dire : la fausse couche est considérée comme homicide avec circonstances aggravantes, une infraction passible d’une peine allant jusqu’à 50 ans de prison.

En Afghanistan, une jeune fille s’est confiée à Amnesty International. Elle s’appelle Sahar Gul. Elle avait tout juste 11 ans lorsque sa famille l’a vendue à un homme de 30 ans. Pour environ 260 000 Afghanis (3 330 euros). Une fois dans son nouveau foyer, elle a été fouettée et torturée. Parce qu’elle refusait d’avoir des rapports sexuels avec d’autres hommes que son mari. Intrigués, des voisins ont alerté les autorités. Mais la police a mis un temps fou à intervenir. Et lorsqu’elle est enfin arrivée, mari et beau-frère s’étaient enfuis. Ils courent toujours. En Afghanistan, les violences conjugales n’intéressent guère les autorités.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » Ce droit fondamental, ouvrant la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, met hors-jeu les relations de domination d’une personne sur une autre, d’un groupe sur un autre. Bien sûr, nous ne sommes pas tous pareils. Le physique, le sexe, l’âge ou la couleur de peau sont autant de caractéristiques qui nous différencient les uns des autres. Cela ne doit néanmoins jamais, jamais justifier l’inégalité et les discriminations. Soyons vigilants : les violences sexuelles envers les femmes et les filles, ça commence parfois (souvent ?) par des remarques douteuses dans les cours de récréation…

Jacqueline DELOFFRE
Responsable régionale droits des femmes

Pour en savoir plus :


Sources : Observatoire des violences femmes aux femmes, ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, UNICEF, Amnesty International.


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