mercredi 4 juin 2014

Table ronde sur la liberté d'expression en Tunisie


Fin janvier 2013, la Tunisie a adopté une nouvelle Constitution porteuse d’espoirs et plus respectueuse des droits humains, deux ans après la révolution de Jasmin : pourtant, comme en témoigne l’affaire Jabeur Mejri, la liberté d’expression est encore régulièrement attaquée et menacée dans le pays.

Amnesty International et l'association tunisienne "Jasmin Tunisie Liberté Démocratie" ont voulu savoir si cette liberté existait vraiment en Tunisie.

Une table ronde a été organisée à Toulouse 11 avril avec des invités : Nadia Kiari, caricaturiste et son chat Willis, Bochra Belhadj Hmida, avocate, Thibaut Cavaillès, journaliste et représentant Radio France en Tunisie, Nicolas Krameyer d'Amnesty et Santiago Mendieta de la revue Gibraltar.

Nous étions une centaine dans la salle du Sénéchal et aussi une autre centaine qui suivaient en streaming depuis la Tunisie et tweettaient en direct leurs commentaires.


Au terme d'une heure et demi de discussion, il apparait qu'il y a encore des progrès à faire pour que les tunisiens puissent s'exprimer librement dans leur pays et sur les réseaux sociaux.

Le 18 avril, nous apprenions avec stupéfaction que Jabeur Mejri avait de nouveau été mis en prison pour outrage à magistrat. En fait, il avait été convoqué au tribunal mais lorsqu'il est arrivé, la greffière lui a dit qu'il y avait une erreur de date. Jabeur, excédé, est sorti de ses gonds et s'est mis en colère, a insulté la greffière et a été mis en prison aussitôt.
Lors du jugement, il a été condamné à 8 mois de prison ferme.

Il est clair pour le Comité de soutien qu’il y a une volonté délibérée de ne pas accéder à la grâce présidentielle et de garder coûte que coûte Jabeur en prison afin de lui faire chèrement payer sa liberté d’expression, et dissuader toute nouvelle tentative.

Jabeur, plus que jamais, est le symbole de cette jeunesse que l’on veut faire taire et pour cela tous les moyens juridiques de l’époque de la dictature sont utilisés. Le message adressé est clair : "fermez la et restez dans le rang d’un État policier ou alors attendez-vous à de la prison". 


Ce jugement est un scandale de plus dans la Tunisie post-14 janvier.

Par ailleurs, le Comité de soutien a demandé aux avocats d’accélérer la procédure de saisine de la Cour Africaine des Droits de l’Homme, procédure qui suivra son cours quels que soient les événements.

Vidéo sur l'affaire Jabeur Mejri 

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