mercredi 4 juin 2014

Les Trois d’Angola - Etats-Unis : 42 ans d’injustice, 42 ans de combat pour leurs droits



Pour la sortie de « Panthers in the hole » la bande dessinée retraçant la vie et le combat des Trois d’Angola, une rencontre exceptionnelle aura lieu en présence de David Cénou, auteur-dessinateur. 




Exposition des planches originales
Séance de dédicaces

Samedi 21 juin 2014

A la librairie Grand Selve
Grenade sur Garonne

Présence d’Amnesty International
Groupe 429 de Blagnac Colomiers
de 10h à 16h





Né en 1971, David Cénou a publié en 2013 sa première bande dessinée, Mirador, tête de mort (éditions La Boîte à Bulles), ouvrage autobiographique sans détour sur sa vie passée de skinhead et les excès qui lui étaient associés. Il est désormais aide-soignant à Agen et auteur de bande dessinée. Pour son nouvel ouvrage Panthers in the hole, écrit en collaboration avec son frère et en partenariat avec Amnesty International, il aborde la vie de Robert King, Albert Woodfox et Herman Wallace appelés  les « Trois d’Angola ». A eux trois, ils ont passé plus de 100 ans en détention à l’isolement dans la prison d’Etat de Louisiane, aux Etats-Unis, connue sous le nom de prison d’Angola. 


Qui sont les 3 d’Angola ?

 
Au début des années 70, tous trois deviennent des membres actifs des Black Panthers en prison, organisant des mouvements de revendication pour améliorer les conditions de détention inhumaines qui prévalaient alors dans la prison (corruption, esclavage sexuel, racisme institutionnalisé…). 


En 1973, les trois hommes sont condamnés à la perpétuité dans deux affaires de meurtre séparées, aux termes de procès totalement inéquitables. Robert King a passé 29 ans à l’isolement : il a été libéré en 2001, après que sa condamnation initiale ait été annulée. Après une intense mobilisation internationale, Herman Wallace a finalement été libéré le 1er octobre 2013 : il est décédé trois jours plus tard, des suites d’un cancer. 
Albert Woodfox, 67 ans, est toujours détenu à l’isolement, dans une cellule de 3 m sur 2, alors que sa condamnation a été annulée trois fois. Le 17 avril 2014 marquait le 42ème anniversaire de son placement à l’isolement, faisant de lui le plus ancien détenu à l’isolement des Etats-Unis. 

"Panthers in the hole" nous ouvre les portes de l’univers carcéral à travers les yeux et les histoires de ceux que l'on appelle les « Trois d’Angola » pour lesquels Amnesty International se mobilise depuis des années, considérant que cette forme d’isolement carcéral constitue une véritable torture.
Aucun élément matériel n'a permis d'établir leur implication dans le meurtre du gardien, des preuves ADN susceptibles de les disculper ont été égarées et ils ont été condamnés sur la base de témoignages douteux de codétenus. Au fil des ans sont apparus des documents donnant à penser que le principal témoin oculaire avait fait des déclarations incriminant les deux hommes après avoir été suborné par des agents de l'administration pénitentiaire, et que l'accusation avait dissimulé des éléments prouvant qu'un autre détenu avait fait un faux témoignage. Un autre témoin est par la suite revenu sur ses déclarations.

La BD reprend tous ces éléments et décrit des scènes hallucinantes "dignes d’une série télévisée". Il faut dire que la prison Angola est considérée comme la plus cruelle des États-Unis. Cet édifice, bâti sur une ancienne plantation esclavagiste et dont le nom rappelle l’origine de la majorité des esclaves à l’époque, détient un fort taux de mortalité : 86 % des prisonniers meurent durant leur détention.

Comble de l’horreur à Angola : chaque année au mois d’octobre, "des rodéos des condamnés" - spectacles opposant des détenus à perpétuité aux prises avec des taureaux dans l’enceinte de la prison - sont organisés. Le numéro le plus attendu, le "Convict poker" ou poker du condamné, comble de plaisir les curieux venus de tout le pays", relate "Panthers in the hole". "Le dernier des joueurs à rester sur sa chaise remporte 200 dollars, ou mieux : s’il est suffisamment blessé pour que sa mort soit très probable, il peut  avoir la chance de finir dehors en homme libre", précise l’auteur, David Cenou.

Le récit repose sur un travail de documentation approfondie et adopte l’angle du témoignage, celui des trois prisonniers.  Un dossier en fin d’album reprend les faits et apporte les compléments nécessaires à la compréhension de la situation. En conclusion, une bande dessinée aux dessins noirs et blancs très esthétiques mais simples qui appuient bien la force dramatique du propos.



Editeur : La Boîte à Bulles / Amnesty International
Collection : Contre-cœur 
Auteurs : D. Cenou, B. Cenou
Album broché noir et blanc 128 pages



Il est encore temps d’agir pour Albert Woodfox, encore détenu à l’isolement. Signez notre appel adressé au Procureur général de Louisiane et à son assistant, ainsi qu’au directeur de l’administration pénitentiaire de l’Etat.



Lien pour le dossier complet :

Lien pour le film « Temps dur » où Richard King raconte son histoire et celle de ses deux compagnons de captivité :



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