dimanche 15 octobre 2017

LE FILM “UNE FAMILLE SYRIENNE” À L’ABC DE TOULOUSE LE 24 OCTOBRE – SÉANCE UNIQUE SUIVIE D’UN DÉBAT




Le groupe Amnesty International de Toulouse présente 

le mardi 24 octobre à 20h30 au cinéma ABC, 
13 Rue Saint-Bernard

En partenariat avec Toulouse Syrie Solidarité et la Ligue des droits de l’homme, le film “Une famille Syrienne" est soutenu par Amnesty International.

Rester enfermé jour et nuit, ne pas sortir, ne pas même oser regarder dehors, c'est trop dangereux. Ce n'est pas la prison, c'est le quotidien d'une famille de Damas en Syrie, en pleine guerre. Une famille parmi d'autres qui fait ce qu'elle peut pour continuer à vivre, au jour le jour. L'appartement est devenu une sorte de blockhaus. Tout y est organisé en fonction de la pénurie. Il s'agit tous les jours de tenir un jour de plus.

La brutale répression des manifestations qui se sont déroulées en mars 2011 et le recours par l’opposition à la force armée a conduit, à partir de l’été 2011, à une militarisation du conflit. Les forces armées syriennes ont dès lors eu recours de façon intensive aux bombardements sur des villes comme Homs et Hama puis, plus tard, sur Alep-Est, attaquant délibérément et aveuglement des zones civiles. Elles ont également imposé des sièges bloquant pour les populations concernées l’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins médicaux. En même temps, des groupes armés sévissent et commettent des atrocités de leur côté.

Le film nous fait vivre l’angoisse d’une famille syrienne qui sent le danger se rapprocher, le danger pouvant venir des bombardements, des snipers et aussi des escrocs qui profitent de sa vulnérabilité pour s’introduire chez eux et y commettre les pires forfaits.

Cela rejoint les préoccupations d’Amnesty International sur le sort des civils dans les conflits armés, en Syrie comme ailleurs. Le film fait prendre conscience du dilemme qui se pose aux familles syriennes : faut-il fuir, faut-il rester ?

Partir, mais pour aller où ?

Le jeune couple présent dans le film décide de partir. L’homme veut vraisemblablement rejoindre un groupe armé mais il est blessé par un sniper. A la fin du film on comprend que la jeune femme va quitter la famille. Le choix de partir est toujours douloureux que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger.

A l’intérieur du pays : la violence des bombardements, les arrestations, ont incité de nombreux syriens à se déplacer à l’intérieur du pays dans l’espoir, souvent vain, de trouver un toit dans des villages ou des villes moins soumises aux bombardements. Selon les chiffres connus mi 2017, 6,3 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.

Dans son livre, « Les portes du néant » publié en février 2016, l’écrivaine syrienne Samar Yazbek évoque à plusieurs reprises les souffrances des exilés de l’intérieur. « Nous n’avons nulle part où aller. Nous avons tout laissé derrière nous. Nous sommes partis en courant sous les frappes. Nous sommes huit femmes, onze personnes en tout avec les hommes. Cette grange nous abrite depuis un an … En hiver, nous bouchons les ouvertures avec des sacs en plastique. Le froid est usant. Nous n’avons plus assez de bois pour nous chauffer, il n’y a plus d’arbres. »
« Vous voulez vraiment faire connaître au monde ce qui nous est arrivé ? Jurez que vous direz au monde entier que les habitants des autres villages nous ont chassés. Ce n’est pas comme vous croyez. Le peuple n’est pas uni. La haine monte entre les gens ».
Les familles cherchent aussi refuge dans des camps installés dans le nord de la Syrie à la frontière avec la Turquie. Ces camps sont surchargés et ne sont pas totalement à l’abri de bombardements.

A l’étranger : plus de 5 millions de personnes sont réfugiées à l’étranger. Face à l’afflux des réfugiés, les pays limitrophes de la Syrie ont mis en place des mesures restrictives pour dissuader les réfugiés de s’installer dans leur pays, et certains procèdent même à des renvois illégaux.

Dans plusieurs rapports, Amnesty International a dénoncé ces mesures :

« Les Syriens confrontés à des restrictions de plus en plus sévères au Liban ». Dans ce rapport, AI dénonce le fait que, depuis 2014, les personnes réfugiées de Syrie doivent payer une participation aux frais pour les services de santé qui sont trop élevés pour nombre d’entre elles.
La situation au Liban continue à être dramatique, comme le souligne un communiqué de presse d’AI du 25 juillet 2017 : « Liban. L’enquête sur la mort de réfugiés syriens en détention aux mains de l’armée doit être approfondie ».

De même en Jordanie, les réfugiés syriens doivent lutter pour accéder aux soins de santé, ce que dénonce AI dans son rapport intitulé « Vivre en marge de la société »
A plusieurs reprises, AI a dénoncé la situation des réfugiés coincées au dans une zone désertique entre la Syrie et la Jordanie.

AI a également dénoncé à maintes reprises l’accord de l’Union européenne avec la Turquie.

De même, une fois arrivés en Europe après un périple dangereux, les réfugiés se trouvent souvent coincés en Grèce ou ailleurs.

Face à l’afflux des réfugiés, les pays riches font preuve de beaucoup d’inertie et de mauvaise volonté. AI les a exhortés à plusieurs reprises de prendre leur part de responsabilité pour soulager les pays voisins de la Syrie.





Rester ?

Des familles syriennes ont décidé de rester en Syrie comme cette famille qui nous est présentée dans le film, mais à leurs risques et périls. En effet, les forces armées gouvernementales bombardent systématiquement les zones civiles détruisant immeubles d’habitation, écoles, hôpitaux, marchés. Des familles entières disparaissent lorsque les immeubles s’effondrent. Malgré la rapidité d’intervention des « casques blancs » et leur courage, de nombreux morts ou blessés sont à déplorer. Plus de 75.000 personnes sont victimes de disparition forcée, la torture sévit dans les prisons. Plus de 15.000 personnes ont été tuées dans les prisons syriennes depuis le début du conflit.

Différents groupes armés de l’opposition et groupes djihadistes bafouent également régulièrement les droits humains de ceux qui restent et se livrent à des exactions effrayantes. Plus de 2050 personnes ont été victimes de disparition forcée par les groupes armées.
Actuellement, 13,5 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire, dont 4.5 millions sont dans des zones difficiles d’accès. Plus de la moitié des personnes déplacées sont des enfants et des femmes.

De plus, la décision de rester les expose aux brutalités des snipers et des voyous, comme le montre le film. La corruption, déjà très prégnante sous le régime de Hafez al Assad, a connu un sommet de cynisme avec l’augmentation du nombre des disparitions forcées et des arrestations arbitraires. Dans son rapport intitulé « Entre la prison et la tombe : les disparitions forcées » AI dénonce le « marché noir des disparitions forcées ». Dans ce « marché », les « vendeurs » sont des individus proches des autorités syriennes qui se présentent comme des médiateurs et auxquels font appel, moyennant le versement d’un pot-de-vin, des parents et amis de disparus qui cherchent à recueillir des informations sur l’endroit où ils sont détenus, leur état de santé, à obtenir un droit de visite… Selon les déclarations de défenseurs, c’est une nouvelle profession pour les Syriens qui contribue, pour une part importante, à l’économie du pays.

Contact Amnesty international Toulouse : amnesty.toulouse@gmail.com

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FILMOGRAPHIE

Une famille syrienne (« Insyriated »)
Réalisation : Philippe Van Leeuw. Avec Hiam Abbass
1h26 - Belgique / France - 2016 - Sorti le 6 septembre 2017
Prix du Public Berlinale 2017

Philippe Van Leeuw a réalisé en 2009 son premier long-métrage Le jour où Dieu est parti en voyage produit par Patrick Quinet et Toussaint Tiendrebeogo. Parallèlement il poursuit une carrière de directeur de la photographie pour de nombreux films produits depuis 1996.

Hiam Abbass a grandie dans un village du nord de la Galilée, en Israël. Elle travaille avec les plus fameux cinéastes du Proche-Orient, de Yousry Nasrallah à Amos Gitaï , elle est aussi très sollicitée en France : dirigée par Patrice Chéreau et Jean Becker (Dialogue avec mon jardinier), l’actrice sans frontières a aussi croisé la route des américains Jarmusch (The Limits of control) et Thomas McCarthy (The Visitor).

mercredi 11 octobre 2017

TURQUIE : 100 JOURS DE DETENTION POUR 10 DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS : MOBILISONS-NOUS !




Le 6 juin 2017, le président d’Amnesty International Turquie, Taner Kiliç, a été arrêté à Izmir avec 22 autres avocats, accusés d’appartenir au mouvement de Fethullah Gülen. Il a été inculpé trois jours plus tard et il est actuellement dans l’attente de son procès. Alors qu’aucune preuve ne le relie, lui comme des milliers d’autres, aux accusations dont ils font l’objet, nous demandons sa libération immédiate. En s’attaquant à ce défenseur majeur des droits humains, le gouvernement turc poursuit sa politique de répression contre la société civile. 

Le mercredi 5 juillet, la police arrêtait de manière arbitraire dix personnes lors d’un séminaire à Istanbul : Idil Eser, directrice de la section turque d’Amnesty International, ainsi que sept autres défenseurs des droits humains et deux formateurs. Durant plus de 24 heures, ils ont été privés de contact avec leur famille ou avec un avocat, et personne ne savait où ils se trouvaient. 

Ce dimanche 9 octobre, le Parquet d’Istanbul a établi un acte d’accusation grossier à l’encontre de ces défenseurs des droits humains. Accusés de faire partie ou de soutenir une ou plusieurs organisations terroristes, ils risquent jusqu’à 15 ans de prison si ces accusations sont retenues par la Cour.

Idil Eser et les autres ne faisaient rien de répréhensible. Ils ont pourtant tous été inculpés de « commission d’un crime au nom d’une organisation terroriste sans en être membre ». Des accusations grotesques et scandaleuses.
 

Ce type d’attaque contre les défenseurs des droits humains devient de plus en plus courant. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan abuse de son pouvoir, et transforme délibérément le pays en un lieu hostile pour toutes les personnes qui défendent les droits humains.




Les autorités turques doivent abandonner l’ensemble des charges grotesques contre les 10 défenseurs et relâcher immédiatement les six placées en détention provisoire.





Les 6 défenseurs incarcérés sont : İdil Eser (Amnesty International), Günal Kurşun (Human Rights Agenda Association), Özlem Dalkıran (Citizens’ Assembly), Veli Acu (Human Rights Agenda Association) Ali Gharavi (consultant en stratégie informatique) et Peter Steudtner (formateur à la non-violence et à bien-être).

Les 4 défenseurs placés en liberté conditionnelle sont İlknur Üstün (Women's Coalition), Şeyhmus Özbekli (Rights Initiative), Nejat Taştan (Equal Rights Watch Association) et Nalan Erkem (Citizens Assembly).

La campagne pour la libération de nos collègues et amis défenseurs des droits humains en Turquie est et sera une priorité de notre mouvement dans les mois à venir.  Elle a jusqu’à présent connu deux phases


  • Une phase intense de dénonciation et de mobilisation publique, pendant  tout le mois de juillet, avec des dizaines de rassemblements dans le monde - par exemple en Francedevant la Commission européenne à Bruxelles, au Conseil international d'Amnesty à Rome - et des centaines de milliers de signatures recueillies pour leur libération. Cette première phase visait aussi à faire en sorte que les autorités de nombreux pays demandent publiquement leur libération immédiate. Nous avons obtenu en quelques semaines des dizaines de déclarations des plus hautes autorités au niveau international.
  • Un travail de plaidoyer, entre août et septembre, auprès des autorités, essentiellement européennes, mais sans dénonciation publique offensive vis à vis des autorités turques. L’idée était de permettre des rencontres de haut niveau entre Salil Shetty, Secrétaire général d’Amnesty International, et les autorités turques, et en même temps de faire baisser le niveau d’hystérie à l’encontre des 10 d’Istanbul dans la presse turque pro-gouvernementale. Salil Shetty a ainsi pu rencontrer le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Justice turcs. Il a été autorisé de manière exceptionnelle à rendre visite à Idil Eser en prison ; c’était la première fois qu’elle recevait de la visite en détention depuis son arrestation.
  • En cette mi-octobre, nous repartons sur une phase de mobilisation publique plus offensive, qui se poursuivra aussi pendant la campagne « 10 jours pour signer » en décembre, et au-delà si nécessaire.

Le soir du 13 octobre marquera le 100ème jour de leur détention. Le jour suivant, Idil Eser devra fêter son anniversaire en prison. Mobilisons-nous pour demander leur libération.

REJOIGNEZ-NOUS A TOULOUSE
LE VENDREDI 13 OCTOBRE A 18 H 30
SQUARE CHARLES DE GAULLE, SORTIE DU M° CAPITOLE



VOUS POUVEZ AUSSI INTERPELLER LE MINISTRE DE LA JUSTICE TURC :

OU
(Ajouter nom et adresse, signer, affranchir à 1,30 €)