jeudi 18 juillet 2019

IRAN. UNE CAMPAGNE CRUELLE VISE LES PERSONNES CONTESTANT LE PORT OBLIGATOIRE DU VOILE




Les autorités iraniennes utilisent la détention au secret, la détention à l'isolement prolongée et les menaces visant les proches pour extorquer des « aveux » sous forme de vidéo aux défenseures des droits des femmes placées en détention pour avoir mené campagne contre les lois discriminatoires sur le port obligatoire du voile (hijab), a déclaré Amnesty International. 

L’organisation a recensé au moins six cas depuis avril 2019. Dans l’un de ces cas, une jeune défenseure des droits des femmes a été soumise à une disparition forcée entre le 2 et le 13 juillet.

« Comme elles se sentent menacées par le dynamisme du mouvement de défense des droits de femmes contestant les lois iraniennes sur le port obligatoire du voile, les autorités iraniennes utilisent les pires méthodes pour discréditer les personnes qui militent contre le port obligatoire du voile, pour dissuader celles qui voudraient rejoindre ce mouvement de le faire, et pour semer la peur au sein de la société, a déclaré Philip LUTHER, directeur des recherches et des actions de plaidoyer pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient d’Amnesty International.

Premièrement, ces femmes n’auraient jamais dû être arrêtées. Il est inadmissible qu’elles soient torturées et soumises à d’autres mauvais traitements parce qu’on veut les forcer à participer à des vidéos de propagande du gouvernement dans lesquelles elles doivent «’avouer’ leurs ’fautes’ et renoncent à faire campagne contre le port obligatoire du voile. Les autorités doivent les libérer immédiatement et sans condition, abandonner les charges retenues contre elles, et s’abstenir de diffuser dans les médias contrôlés par l’État les ‘aveux’ qui leur ont été extorqués sous la contrainte. »

Les agents des services de renseignement et de sécurité qui produisent les vidéos de propagande ordonnent aux défenseures des droits des femmes de revenir sur leur opposition au port obligatoire du voile, de dénoncer la campagne Mercredis blancs contre les lois sur le port obligatoire du voile, et d’exprimer des « regrets » pour s’être laissées « entraîner » par des « agents antirévolutionnaires de l’opposition » se trouvant à l’étranger.
Le cas le plus récent sur lequel nous avons réuni des informations concerne la défenseure des droits des femmes Saba KORDAFSHARI, âgée de 22 ans, qui a été arrêtée le 1er juin. Selon sa mère, Raheleh AHMADI, à la suite de son arrestation, Saba KORDAFSHARI a été maintenue en détention à l'isolement pendant 11 jours dans le centre de détention de Vozara, à Téhéran, et le 11 juin elle a été transférée à la prison de Shahr-e Ray. Pendant sa détention à l'isolement, elle a subi de façon incessante des pressions pour qu’elle dénonce devant une caméra la campagne Mercredis blancs. Ceux qui l’ont interrogée ont posé comme condition à sa libération l’obtention d’« aveux » de sa part et ont menacé d’arrêter sa mère si elle ne « coopérait pas ». Le 10 juillet, les autorités ont mis leurs menaces à exécution et arrêté Raheleh AHMADI.

Le 2 juillet, les autorités ont transféré Saba KORDAFSHARI dans un autre lieu, et elles ont caché à sa famille le sort qui lui avait été réservé et où elle se trouvait, jusqu’à son retour dans la prison de Shahr-e Rey le 13 juillet ; elle a ainsi été soumise à une disparition forcée pendant 12 jours. Elle a par la suite fait savoir à sa famille qu’elle avait été détenue dans la section 2-A de la prison d’Evin, qui est placée sous le contrôle des pasdarans (gardiens de la révolution), et soumise à de nouvelles pressions visant à lui extorquer des « aveux ».
Dans une autre affaire, la défenseure des droits des femmes Yasaman ARYANI, qui est âgée de 24 ans, a été arrêtée par les forces de sécurité le 10 avril à son domicile, à Téhéran. La mère de Yasmin ARYANI, Monireh ARABSHAHI, a été arrêtée le lendemain après s’être rendue au centre de détention de Vozara, à Téhéran, pour tenter de savoir où se trouvait sa fille.

Amnesty International a depuis appris que pendant sa détention à l'isolement, qui a duré neuf jours, des membres des forces de sécurité ont dit à Yasaman ARYANI, entre autres choses, que sa jeune sœur et son père seraient arrêtés si elle n’acceptait pas d'exprimer devant une caméra son repentir pour avoir diffusé des vidéos pour la campagne Mercredis blancs. Ils se sont également moqués d’elle en lui disant que le monde extérieur l’avait oubliée.

Le 18 avril, des agents ont fait sortir Yasaman ARYANI et Monireh ARABSHAHI du centre de détention de Vozara, les ont fait monter dans une camionnette et les ont conduites dans un lieu inconnu situé à Téhéran, sans leur donner d’explication. Dès qu’elles sont sorties de la camionnette, elles se sont retrouvées face à des équipes de prise de vue de la Radio-télévision de la République islamique d'Iran (IRIB), qui les ont filmées sans leur consentement. Elles ont ensuite été conduites dans une pièce pour une « interview » avec l’IRIB et, quand elles s’y sont opposées, on leur a dit qu’elles n’avaient pas le choix et qu’elles devaient répondre aux questions.

En mars 2019, les autorités ont convoqué pour un interrogatoire Zarrin BADPA, la mère âgée de Masih ALINEJAD, la journaliste iranienne basée aux États-Unis à l’origine de la campagne Mercredis blancs. Elle a été interrogée pendant deux heures au sujet des activités de sa fille et cet interrogatoire a été filmé. Amnesty International est préoccupée par le fait que les autorités vont peut-être insérer des enregistrements de déclarations faites sous la contrainte dans de futures vidéos de propagande, compte tenu du fait qu’elles se livrent de longue date à ce type d’abus.

 « Les autorités iraniennes ne doivent pas se faire d’illusions : le caractère coercitif et cruel des "aveux" enregistrés qui ont été extorqués à des défenseures des droits des femmes et à des proches de ces femmes ne passera pas inaperçu. Tous les organismes contrôlés par l'État qui participent à la production et à la diffusion de ces vidéos présentant des « aveux » partagent la responsabilité des violations des droits humains commises contre les femmes concernées et leurs familles, a déclaré Philip LUTHER.

Les autorités iraniennes n’arriveront pas, en recourant à de telles stratégies de propagande grossières, à masquer le fait que les femmes en Iran défendent de plus en plus leur droit de choisir de porter ou non en public le foulard. Les autorités doivent cesser de traiter les défenseures des droits des femmes comme des délinquantes, et elles doivent abolir les lois sur le port obligatoire du voile. »

EN SAVOIR PLUS SUR LA CAMPAGNE MERCREDIS BLANCS



La campagne Mercredis blancs est une plateforme en ligne sur laquelle des femmes vivant en Iran partagent des vidéos où elles marchent dans un lieu public non voilées, expriment leur opposition au port obligatoire du voile et parlent de leurs espoirs au sujet des droits des femmes.

Amnesty International sait qu’actuellement, huit femmes sont détenues en raison de leurs activités militantes contre le port obligatoire du voile et de la campagne Mercredis blancs : Yasaman ARYANI et sa mère, Monireh ARABSHAHI ; Saba KORDAFSHARI et sa mère, Raheleh AHMADI ; Mojgan KESHAVARZ ; Fereshteh DIDANI ; et deux autres femmes dont Amnesty International ignore encore le nom. Elles sont notamment accusées d’avoir « favorisé et incité à la corruption et la prostitution », de « propagande contre le régime » et de « rassemblement et collusion en vue de commettre des infractions compromettant la sécurité nationale. »

Au titre des lois iraniennes sur le port obligatoire du voile, les femmes qui apparaissent en public non voilées peuvent être arrêtées et condamnées à une peine d’emprisonnement, de flagellation ou d’amende. La législation imposant le port du voile bafoue une multitude de droits, notamment les droits à l’égalité, à la vie privée et aux libertés d’expression et de croyance. Le port obligatoire du voile est dégradant pour les femmes et les filles, car il les prive de leur dignité et de leur estime de soi.

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Parmi les défenseuses et défenseurs des droits des femmes qui s’opposent à la législation imposant le port du voile figure Nasrin SOTOUDEH, une éminente avocate spécialiste des droits humains. 

En mars 2019, elle a été déclarée coupable à l’issue de deux procès manifestement iniques et condamnée au total à 38 ans et six mois de prison, ainsi qu’à 148 coups de fouet. Certaines des charges retenues contre elle, notamment l’« incitation à la corruption et à la prostitution », sont liées au fait qu’elle a représenté des femmes arrêtées pour avoir protesté contre la législation en question, s’est elle-même opposée au port obligatoire du voile et a retiré son foulard en prison. Elle doit purger 17 ans de réclusion.






jeudi 11 juillet 2019

PHILIPPINES. L’ONU DOIT ENQUETER SUR LA « GUERRE CONTRE LA DROGUE » MEURTRIERE QUE MENE LE GOUVERNEMENT DE RODRIGO DUTERTE


  • Les exécutions extrajudiciaires imputables à la police demeurent généralisées.
  • L’ampleur des violations des droits humains atteint le seuil qualificatif de crimes contre l’humanité.

La vague d’homicides imputables à la police déclenchée par la lutte antidrogue meurtrière que mène le président philippin Rodrigo DUTERTE continue de déferler, détruisant des vies et dévastant des communautés, révèle le rapport publié par Amnesty International le 8 juillet. L’ONU doit immédiatement ouvrir une enquête sur les violations flagrantes des droits humains et les possibles crimes contre l’humanité commis dans le cadre de cette « guerre contre la drogue ».

Ce nouveau rapport intitulé « They just kill’: Ongoing extrajudicial executions and other violations in the Philippines’ ‘war on drugs’ »montre que la police agit en toute impunité lorsqu’elle assassine des habitants des quartiers pauvres dont les noms figurent sur des « listes de surveillance des trafiquants » établies en dehors de tout cadre légal.

« Depuis trois ans, la "guerre contre la drogue" que mène le président Rodrigo DUTERTE se résume en fait à une économie du meurtre à grande échelle à laquelle les pauvres paient le plus lourd tribut », a déclaré Nicholas BEQUELIN, directeur régional pour l'Asie de l'Est et du Sud-Est à Amnesty International.

« Il est temps que les Nations unies, à commencer par le Conseil des droits de l’homme, lancent une action décisive afin d’amener le président Rodrigo DUTERTE et son gouvernement à rendre des comptes. »

Le gouvernement philippin a reconnu au moins 6 600 homicides imputables à la police. Des éléments de preuve laissent à penser que plusieurs milliers d’autres personnes ont été tuées par des individus armés non identifiés ayant probablement des liens avec la police.

À la suite de la mutation de hauts gradés de la police du Grand Manille - jusqu’alors épicentre des homicides dans le pays - la province de Bulacan, dans la région de Luçon centrale, est devenue le champ de bataille le plus sanglant.

Le président Rodrigo DUTERTE a défendu à plusieurs reprises la « guerre contre la drogue » menée par son gouvernement, faisant valoir que les individus impliqués dans le trafic de stupéfiants sont des « criminels » et que leur homicide est « justifiable ».

Au cours de ses investigations, Amnesty International a identifié 20 cas dans lesquels 27 personnes ont été tuées, la plupart dans le cadre d’exécutions extrajudiciaires probables, dans la province de Bulacan, entre mai 2018 et avril 2019. Au total, elle a interviewé 58 personnes, dont des témoins d’exécutions extrajudiciaires, des familles de victimes, des élus locaux et des défenseurs des droits humains.

Ce rapport se fonde sur une précédente enquête d’Amnesty International, dont les conclusions ont été publiées en janvier 2017. Elle montrait que la police prend systématiquement pour cibles des personnes en général pauvres et sans défense à travers le pays, fabrique des « preuves », recrute des tueurs à gages, dévalise les victimes et rédige des rapports d’incidents mensongers.

« C’est dangereux d’être pauvre dans les Philippines du président Rodrigo DUTERTE, a déclaré Nicholas BEQUELIN. Pour être assassiné, il suffit d’être accusé sans preuve de consommer, d’acheter ou de vendre de la drogue. Partout où nous sommes allés pour enquêter sur les homicides liés au trafic de stupéfiants, les habitants étaient terrifiés. La peur s’est profondément infiltrée dans le tissu social de la société. »

DE NOMBREUX HOMICIDES, UNE MÊME PRATIQUE

Dans chaque opération de police analysée par Amnesty International, la police a cité la même justification, le « flag » : une opération antidrogue sous couverture au cours de laquelle des suspects armés ont riposté, « déclenchant » l’usage de la force meurtrière.

Les familles et les témoins ont maintes fois réfuté les récits de la police. Dans certains cas, la victime n’a jamais possédé d’arme ou était trop pauvre pour en acheter une, d’après ses proches. Dans d’autres, les victimes d’homicides liés au trafic de stupéfiants ont tout d’abord été portées disparues puis, une fois le cadavre découvert, ont soudain et systématiquement été classées par la police comme des morts survenues au cours d’une opération de flagrant délit.

D’après une experte médicolégale philippine interrogée par Amnesty International, les rapports de police concernant des opérations visant à piéger les trafiquants qu’elle a examinés ne respectent pas les critères minima de plausibilité : « C’est tellement cohérent, c’est un script. En fait, lorsque vous voyez le rapport, on dirait un modèle. »

Dans l’affaire concernant Jovan MAGTANONG, les policiers ont affirmé que ce père de trois enfants, âgé de 30 ans, leur a tiré dessus et qu’ils ont retrouvé sur les lieux un calibre 38 et des sachets de substances illicites. D’après des témoins, Jovan MAGTANONG dormait avec ses enfants lorsque les policiers ont frappé à sa porte à la recherche d’un autre homme. Sa famille affirme qu’il n’avait pas d’armes et ne consommait plus de drogue depuis plus d’un an. « Ils l’ont tué comme un animal », a déclaré un membre de sa famille.

LES « LISTES DE SURVEILLANCE DES TRAFIQUANTS » DEVIENNENT DES LISTES DE CIBLES A ABATTRE

Dans la majorité des cas étudiés par Amnesty International, les victimes figuraient semble-t-il sur des « listes de surveillance des trafiquants » établies par les autorités en dehors de tout cadre légal.

Ce système insatiable et brutal récompense l’adhésion aveugle et le meurtre.
Nicholas BEQUELIN

Ces listes servent en réalité de guide à la police pour arrêter ou tuer. Des responsables locaux au niveau du quartier (barangay) sont soumis à des pressions pour obtenir des résultats en recueillant les noms de « consommateurs », « dealers », « financiers » et « protecteurs » dans leur zone. Amnesty International considère que ces listes sont peu fiables, illégitimes et injustifiables. Elles sont une preuve de plus que le gouvernement cible les populations pauvres et marginalisées.

Les chercheurs d’Amnesty International ont interrogé des enquêteurs locaux spécialisés dans les droits humains, des employés des barangay et d’autres personnes, qui ont confirmé qu’il n’y a aucun moyen de voir son nom retiré de la liste – la surveillance et le risque sont donc perpétuels.

« Le gouvernement de Rodrigo DUTERTE a créé un jeu des chiffres macabre, dans lequel des représentants de l’État dressent des listes et les gèrent sans se soucier de savoir si les personnes qui y figurent consomment ou vendent réellement de la drogue. Ce système insatiable et brutal récompense l’adhésion aveugle et le meurtre », a déclaré Nicholas BEQUELIN.

LA RESPONSABILITÉ DE LA POLICE

La forte hausse du nombre d’homicides illégaux dans la province de Bulacan fait suite à la mutation de hauts gradés de la police qui occupaient des postes dans le Grand Manille - région détenant précédemment le record en termes d’homicides liés aux stupéfiants - et ont été promus à de hautes fonctions dans la province de Bulacan et la région plus vaste de Luçon centrale. L’un d’entre eux est le directeur provincial, le commissaire divisionnaire Chito BERSALUNA, chef de la police de la ville de Caloocan au moment où Kian delos SANTOS, 17 ans, a été abattu en août 2017.

La mutation de hauts gradés de la police vers des régions où les homicides ont alors explosé témoigne de leur impunité.
Nicholas BEQUELIN

Les médias du monde entier ayant braqué les projecteurs sur cette affaire, Chito BERSALUNA a été mis en « congé administratif ». Aucune charge n’a été retenue contre lui, mais trois policiers subalternes placés sous son commandement ont été poursuivis et finalement reconnus coupables et condamnés.

« La mutation de hauts gradés de la police vers des régions où les homicides ont alors explosé témoigne de leur impunité, a déclaré Nicholas BEQUELIN. Le gouvernement de Rodrigo DUTERTE s’échine à nier et rejeter toute responsabilité, s’enfonçant toujours plus dans le mensonge. »

IL EST TEMPS QUE L’ONU ENQUÊTE

À l’exception des policiers reconnus coupables du meurtre de Kian delos SANTOS, les autorités philippines n’ont pas mené d’enquête crédible ni poursuivi les responsables présumés des homicides illégaux et des exécutions extrajudiciaires commis dans le cadre des opérations antidrogue.

Le nouveau rapport d’Amnesty International s’ajoute à un volume croissant de preuves indiquant que les violations des droits humains commises dans le cadre de la « guerre contre la drogue » aux Philippines constituent des crimes contre l’humanité.

Le gouvernement philippin se soustrait à toute tentative d’examen des violations des droits humains commises dans le cadre de sa « guerre contre la drogue », très largement critiquée. La Cour pénale internationale a ouvert un examen préliminaire sur la campagne antidrogue en février 2018, mais le président Rodrigo DUTERTE a rapidement annoncé que les Philippines allaient se retirer du Statut de la Cour, un retrait devenu effectif en mars dernier.

Des familles de victimes, des témoins, des avocats, des dignitaires religieux et d’autres ont exprimé à plusieurs reprises leur désespoir face aux obstacles qui les empêchent d’obtenir justice, dans le climat d’impunité totale qui règne dans le pays.

« Chaque fois que je vois une photo de mon fils, mon cœur est comme transpercé, a déclaré à Amnesty International la mère d’une victime de 20 ans. Il veut que je me batte pour lui, que puis-je faire ? »

Par ailleurs, Amnesty International a constaté que les programmes de désintoxication et de prise en charge des consommateurs de stupéfiants demeurent totalement inadaptés. Les autorités doivent renforcer nettement la disponibilité de services médicaux et sociaux afin de réduire les risques et les préjudices liés aux stupéfiants, et mettre fin à leur campagne fondée sur la violence et la peur.

Amnesty International appelle le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à ouvrir immédiatement une enquête indépendante, impartiale et efficace sur les violations des droits humains commises dans le cadre de la « guerre contre la drogue », notamment les crimes relevant du droit international.

Enfin, le bureau de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) doit accélérer l’examen de la situation et ouvrir une enquête pénale approfondie et complète.