mardi 30 juin 2020

URGENT - PASSEZ A L’ACTION - CHINE - UN ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF OUÏGHOUR ÂGÉ DE 70 ANS EST DÉTENU AU SECRET


Alors que la pandémie de Covid-19 continue à se propager dans le monde entier, nous sommes tous et toutes inquiets pour l’avenir. La vie peut sembler suspendue mais la lutte pour les droits humains ne s’arrête jamais.

La distanciation sociale n'empêche pas la solidarité. On se bat ensemble, on gagne ensemble !

Nous proposons aux visiteurs de notre blog de d’intervenir EN URGENCE en faveur de Qurban Mamut, rédacteur en chef à la retraite. Son fils n’a pas vu ni entendu son père depuis novembre 2017. Il était allé voir son fils aux États-Unis en février de cette même année. Son fils, citoyen des États-Unis, pense que son père est détenu parce qu’il a des proches qui vivent en-dehors de la Chine.
Une source lui a indiqué en septembre 2018 que Qurban Mamut avait été envoyé dans un centre « de transformation par l’éducation ». L’âge et l’absence d’informations sur l’état de santé de Qurban Mamut suscite des inquiétudes à son sujet.
  

PROPOSITION DE COURRIER (Vous pouvez utiliser vos propres mots en vous inspirant de ce modèle ou faire un copier/coller - Si personnalisé, votre courrier doit être sobre, concis, polis et sans parti-pris politique ou idéologique.)

Monsieur le Directeur,

Je vous écris pour vous faire part de mon inquiétude au sujet de Qurban Mamut (库尔班·木提), rédacteur en chef à la retraite du journal en langue ouïghoure Xinjiang Civilization, qui vivait à Urumqi et dont le fils n’a aucune nouvelle depuis novembre 2017.

D’après son fils, une source a indiqué en septembre 2018 que Qurban Mamut avait été envoyé dans un centre de « transformation par l’éducation ». Cependant, je trouve très préoccupant d’apprendre  que le fils de Qurban Mamut n’aie pas pu voir ni entendre son père depuis plus de deux ans et demi.

Qurban Mamut est maintenant âgé de 70 ans et son état de santé et son bien-être me préoccupent vivement.

Je vous demande donc :
  •  de libérer Qurban Mamut, à moins qu’il n’existe des éléments crédibles, suffisants et recevables tendant à prouver qu’il a commis une infraction reconnue par le droit international et qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un procès conforme aux normes internationales d’équité ;
  •  dans l’attente de sa libération, de révéler l’endroit où se trouve Qurban Mamut, de lui permettre d’entrer en contact avec sa famille et un avocat de son choix, et de veiller à ce qu’il ne soit pas soumis à des actes de torture ni à d’autres formes de mauvais traitements.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de ma haute considération,


Destinataire :

Director Tao Hongjun
Urumqi Municipal Public Security Bureau
No. 30, Nanhudong Lu, Shuimogou Qu
URUMQI, 830017 Xinjiang Uyghur Autonomous Region, Chine

Courriel : demander à l’ambassade de Chine de faire suivre au destinataire.


Copie à :

Ambassade de la République populaire de Chine
11 avenue George V - 75008 PARIS



COMPLÉMENT D’INFORMATION

Qurban Mamut est un écrivain, journaliste et ancien rédacteur en chef de Xinjiang Civilization, journal d’état en langue ouïghoure faisant la promotion de l’histoire et de la culture ouïghoures. Il a travaillé pour le journal Xinjiang Civilization à partir de 1985 et a pris sa retraite de rédacteur en chef en 2011.

Le fils de Qurban Mamut, Bahram Sintash, est citoyen des États-Unis, où il vit avec sa femme et leur enfant tout en travaillant pour Radio Free Asia. Qurban Mamut est allé rendre visite à son fils aux États-Unis en février 2017, et son fils pense que cette visite pourrait constituer la raison pour laquelle Qurban Mamut est détenu.  Amnesty International a rassemblé de nombreuses informations sur des cas de personnes du Xinjiang ayant été envoyées en rééducation après s’être rendues à l’étranger ou y avoir résidé, ou parce qu’elles avaient des proches vivant à l’étranger.

 Bahram Sintash est désormais un producteur de contenu numérique à Radio Free Asia.  Son Service ouïghour est l’une des seules structures fournissant des informations indépendantes sur la situation au Xinjiang. Amnesty International a réuni des informations sur des cas où des proches de journalistes de Radio Free Asia étaient pris pour cibles par les autorités chinoises et envoyés dans des centres de « transformation par l’éducation ». Par exemple, une vingtaine de proches de Gulchehra Hoja ont été pris pour cibles et détenus en raison du travail de cette femme comme journaliste au sein du Service ouïghour de Radio Free Asia.

Le Xinjiang est l’une des régions chinoises dont la population est la plus diversifiée sur le plan ethnique. Plus de la moitié de ses 22 millions d’habitant·e·s appartiennent à des groupes ethniques principalement d’origine turque et majoritairement musulmans, parmi lesquels les Ouïghours (environ 11,3 millions de personnes), les Kazakhs (environ 1,6 million) et d’autres populations dont les langues, les cultures et les modes de vie sont très différents de ceux des Hans, qui sont majoritaires en Chine « intérieure ».

En mars 2017, les autorités du Xinjiang ont adopté le « Règlement de lutte contre l’extrémisme », qui définit et interdit un large éventail de comportements qualifiés d’« extrémistes », tels que la « diffusion de pensées extrémistes », le fait de critiquer ou de refuser d’écouter ou de regarder des émissions de la radio et de la télévision publiques, le port de la burqa, le port d’une barbe « anormale », le fait de s’opposer aux politiques nationales, et la publication, le téléchargement, le stockage et la lecture d’articles, de publications ou de matériel audiovisuel présentant un « contenu extrémiste ». Cette réglementation a en outre instauré un « système de responsabilisation » destiné aux cadres du gouvernement pour les activités de « lutte contre l’extrémisme », et mis en place une évaluation annuelle de leurs performances.

On estime que jusqu’à un million de Ouïghours, de Kazakhs et d’autres membres d’ethnies à majorité musulmane sont détenus dans des centres de « transformation par l’éducation ». Les autorités chinoises ont nié l’existence de ces lieux jusqu’en octobre 2018, et ont ensuite affirmé qu’il s’agissait de centres de « formation professionnelle » gratuite et volontaire. Selon elles, l’objectif de cette formation est de fournir des enseignements techniques et professionnels pour permettre à ces personnes de trouver un emploi et de devenir des citoyens « utiles ». Les explications de la Chine, cependant, contredisent les informations recueillies auprès d’ancien·ne·s détenu·e·s faisant état de coups, de privation de nourriture et de détention à l’isolement.

La Chine a rejeté les demandes de la communauté internationale, y compris d’Amnesty International, l’appelant à autoriser des experts indépendants à se rendre librement dans la région du Xinjiang. En revanche, elle a multiplié les efforts pour faire taire les critiques en invitant des délégations de divers pays à se rendre au Xinjiang pour des visites soigneusement orchestrées et surveillées de près.

MERCI D’AGIR DANS LES PLUS BREFS DÉLAIS ET AVANT LE 3 AOUT 2020




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